Université de Namur


Le Département Éducation et Technologie de l’Université de Namur a accompagné la mise en œuvre du projet Savoir-être à l’école dès son initiation en 2008-2009 et en a évalué régulièrement les effets sur les enseignants, sur leurs pratiques et sur leurs élèves. Trois rapports sont disponibles, faisant état du projet à différents moments de son développement.

2008-2009

Une première évaluation qualitative a été effectuée au terme de l’année de lancement du projet avec cinq écoles pilotes (100 enseignants). Cette évaluation portait sur la formation en elle-même, sur les applications concrètes possibles sur le terrain et sur les effets observés par les participants.

Cette évaluation relève notamment :

  • Curiosité et enthousiasme pour les contenus et la qualité de la formation;
  • Intérêt au niveau professionnel et personnel;
  • Prise de recul et mieux-être personnel;
  • Meilleure gestion des relations;
  • Nouvelles pistes de travail;
  • Effet fédérateur du projet;
  • Développement d’un langage commun;
  • Difficultés de mise en œuvre : temps, complexité et maîtrise de la matière, approche individuelle dans un cadre collectif, isolement, contraintes du monde scolaire…

(Canivet, C., Rapport d’évaluation de la formation “Savoir-être à l’école” Septembre 2008 – Juin 2009. Sous la direction d’Evelyne Charlier, directrice du Département Education et technologie – Université de Namur)

2010-2011

Au terme de trois années, un second rapport a été produit, présentant le contexte et les enjeux du projet, son historique et ses fondements théoriques, ainsi qu’une seconde évaluation, quantitative, effectuée par le biais d’une enquête en ligne auprès de tous les enseignants et directeurs formés.

Cette évaluation relève bon nombre de constats déjà observés dans l’évaluation précédente, et les quantifie, selon les différents niveaux de formation, et montre notamment : un changement d’état d’esprit et un changement de regard sur les élèves, une meilleure relation pédagogique et une meilleure gestion de classe.

On observe toutefois que plus les enseignants avancent dans leur appropriation de l’approche, plus ils en voient la complexité, la pertinence et l’utilité, non seulement pour améliorer le développement humain des élèves mais aussi pour accompagner l’apprentissage. D’où l’importance à leurs yeux de transmettre cette approche aux jeunes, mais aussi aux futurs enseignants. De ce fait, les plus engagés souhaitent poursuivre le travail d’appropriation avec les formateurs sous forme d’accompagnement d’équipe.

(Canivet C., “Savoir-être à l’école” – Septembre 2008 – Juin 2011 – Rapport et évaluation du projet. Sous la direction d’Evelyne Charlier, directrice du Départment Education et technologie – Université de Namur)

2013-2015

Le troisième rapport d’évaluation du projet Savoir-être à l’école est sorti en octobre 2015. Il fait état d’une recherche-accompagnement menée sur deux années scolaires par le Département Éducation et Technologie de l’Université de Namur. Il porte sur les effets du projet dans le temps, et présente ses impacts sur les enseignants eux-mêmes, sur leurs pratiques et sur leurs élèves.

Cette recherche qualitative a été proposée aux enseignants de deux équipes impliquées depuis plusieurs années dans le projet Savoir-être et désireux de le mettre en application dans leurs classes. La seule injonction qui leur avait été donnée était de “pratiquer l’ANC”.

Sur base de deux années d’accompagnement de ces deux équipes, les informations recueillies ont permis de mieux cerner ce que peut être l’ANC en école, et quelles formes l’approche peut prendre, qu’elle soit intégrée dans les disciplines et les cours ou faire l’objet d’une transmission explicite aux élèves.

Ce rapport présente les résultats de la recherche concernant :

  • Les effets du projet sur les enseignants : identité professionnelle, relation pédagogique, perceptions de l’approche.
  • Les effets du projet sur les pratiques : description des pratiques, freins et éléments porteurs.
  • Les effets du projet sur les élèves (recherche quantitative).
  • Les enjeux et perspectives pour la suite.

En ce qui concerne les enseignants, nous relèverons notamment les constats suivants :

  • Ils se sentent plus solides dans ce qu’ils faisaient d’original (p.118),
  • Ils voient leur enthousiasme et leur motivation catalysés (p. 118),
  • Ils investissent davantage leur rôle d’accompagnateurs de l’apprentissage plutôt que celui de simples transmetteurs de savoirs (p.119),
  • Ils donnent davantage de place et d’importance au dialogue pédagogique (p.119),
  • Ils sont davantage attentifs aux facteurs émotionnels, ceux des élèves mais aussi les leurs (p. 120),
  • Ils sont plus conscients de la valeur de l’exemple et de la cohérence entre leurs intentions et leurs comportements (p. 120),
  • Ils perçoivent et classifient mieux les différences de personnalités pour induire des pratiques de différenciation pédagogique (p. 120) et les exploiter entre collègues dans le travail en équipe (p. 121),
  • Ils expriment leur plaisir d’enseigner, lui redonnant un sens nouveau (p.121),
  • Ils souhaitent transmettre aux élèves de nouvelles connaissances liées de près ou de loin au Savoir-être (p. 122),
  • Ils souhaitent incarner une conception de l’éducation élargie à un savoir-être collectif, et à la construction d’un vivre-ensemble qui permettrait de lutter contre le relâchement du lien social (p. 122),
  • Ils vont davantage dans le sens du développement des capacités réflexives des élèves que de leur simple développement affectif (p. 123),
  • Ils intensifient l’apprentissage de la réflexion et de la pensée, avec la mise en place d’une attitude de questionnement, de curiosité, de prise de risque, d’ouverture,… (p. 123)

Outre les résultats de la recherche proprement dite, ce rapport aborde également la question de l’éducation psychosociale à l’école et les enjeux du développement des compétences émotionnelles des jeunes pour l’apprentissage et pour la vie, mais aussi celle de l’accompagnement du transfert.

(Canivet, C., Brasseur, S., Analyse des effets du projet “Savoir-être à l’école” sur les enseignants, sur leurs pratiques et sur leurs élèves. Recherche-accompagnement 2013-2015. Sous la direction d’Evelyne Charlier, directrice du Département Education et Technologie – Université de Namur.)

2015 Rapport complet (français)

 

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